Sur la route du papier d’Erik ORSENNA

Publié le par LAURA

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Editions STOCK – Février 2012 - 306 pages – 4è de couverture

« Un jour, je me suis dit que je ne l’avais jamais remercié. Pourtant je lui devais mes lectures. Et que serais-je, qui serais-je sans lire et surtout sans avoir lu ? Pourtant, c’est sur son dos que chaque matin, depuis près de soixante années, je tente de faire avancer pas à pas et gomme aidant mes histoires. Et que serait ma vie sans raconter ? Je n’avais que trop tardé. L’heure était venue de lui rendre hommage. D’autant qu’on le disait fragile et menacé. Alors j’ai pris la route. Sa route.
De la Chine à la forêt canadienne, en passant par la Finlande, la Suède, la Russie, l’Inde, le Japon, l’Indonésie, Samarcande, le Brésil, l’Italie, le Portugal et bien sûr la France, j’ai rendu visite aux souvenirs les plus anciens du papier. Mais je me suis aussi émerveillé devant les technologies les plus modernes, celles qui, par exemple, arrivent à greffer des virus capables de tuer les bactéries, celle qui, grâce à des impressions électroniques, permettent de renseigner sur le parcours d’un colis les chocs qu’il a reçus et si les conditions d’hygiène et de froid ont tout du long bien été respectées.
Cher papier ! Chère pâte magique de fibres végétales ! Chère antiquité en même temps que pointe de la modernité ! La planète et le papier vivent ensemble depuis si longtemps : plus de deux mille ans. Le papier est de la planète sans doute le miroir le plus fidèle et par suite le moins complaisant.»

L’auteur :

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Erik ORSENNA (de son vrai nom Erik ARNOULT) est né en 1947. Docteur en économie, écrivain prolifique, académicien au fauteuil 17 (celui de Cousteau), voyageur infatigable, il a déjà écrit deux tomes du Petit précis de mondialisation (Voyage au pays du coton en 2006 et L’avenir de l’eau en 2008) mais également Portrait du Gulf Stream, L’entreprise des Indes, La grammaire est une chanson douce, Madame Bâ, L’exposition coloniale (qui lui valut le Prix Goncourt en 1988) et tant d’autres…. C’est un homme de passions : l’écriture, la nature, notre planète, les voyages, la mer (il administre le Centre International de la Mer de Rochefort-17-), la musique…

Il parle ici de son nouveau livre.

Mon avis : Coeur rouge

Ce n’est pas un roman, pas vraiment un essai ; c’est un régal d’intelligence, d’humanisme et de vision positive.

Sa lecture rend plus intelligent ( ?), en tout cas plus clairvoyant et invite à se poser les bonnes questions, quant aux informations que l’on reçoit dans les médias sur la fin de l’ère du papier.

Dans ce troisième Petit Précis de Mondialisation, notre globe-trotter, conteur amoureux de sa planète et des gens qui la peuplent, nous entraîne sur la Route du Papier (qui suit celle de la Soie, au début). La première partie est consacrée aux papiers passés, la deuxième au papier présent et futur. Eh oui, l’auteur nous démontre avec force conviction que le papier a un avenir, et c’est tant mieux se dit-on !

Erik Orsenna nous entraîne sur tous les continents, au fil de sa réflexion et des questions qu’il se pose. Géographie, histoire, tout y passe ; il voyage pour nous, traque, observe, analyse, questionne et son propos n’est jamais ni « donneur de leçons », ni admirateur béat. Il pose les choses sur la table avec honnêteté et grand respect pour ses interlocuteurs, et aussi pour son lecteur, émaillant le texte de nombre de petites anecdotes, ainsi Victor Hugo n’utilisant que du papier azuré pour écrire Les Misérables ou le Grand Vizir de Perse qui faisait porter, lors de ses voyages, ses cent dix-sept mille livres par quatre cents chameaux….

Je vous recommande donc très vivement la lecture de ce petit opus, qui est mon deuxième coup de cœur de l’année (après L’hypothèse des sentiments de Jean-Paul Enthoven).

 

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