Le rôdeur des confins de Kenneth WHITE

Publié le par LAURA

image

 

 Editions ALBIN MICHEL  - 345 pages – 4è de couverture

« Depuis des années, je recherche une manière de penser et d’écrire qui rôde autour du monde à la façon dont un chat rôde autour de son territoire » écrit Kenneth White dans La Maison des marées.

Avec le Rôdeur des confins, on traverse des territoires du nord et du sud, de l’est et de l’ouest avec, toujours à l’horizon, ces confins de l’esprit que l’auteur affectionne.

Ils sont là, palpables, dans les solitudes boréales de Scandinavie, dans les plaines d’Europe centrale, dans la forêt brumeuse de l’Amérique du Nord, dans la roche désertique de l’Atlas, dans la lumière blanche de l’Andalousie, dans les embruns océaniques du Portugal, ou encore à travers les rencontres de l’auteur avec Kirkegaard à Copenhague, avec ce vieux fou de Swedenbourg à Stockholm, avec Rousseau en Corse, avec Herman Melville à Tahiti.

Voyager en sa compagnie procure un bonheur extrème : rien de pesant, aucune pose dans son style d’un naturel incroyable. Ce livre est un voyage jubilatoire dans le plus vif de l’existence et dans la matière du monde.

 (traduit de l’anglais par Marie-Claude WHITE)

 

L’auteur :

 

image Kenneth WHITE, né en 1936 à Glasgow, habite en Bretagne depuis les années 60.

Poète et penseur contemporain, théoricien de la « géopoétique », poétique porteuse de sens et de pensée, il alterne des récits de «voyages philosophiques» et les poésies épurées entretenant un rapport avec les éléments (mer, terre, eau, pierre…). 

 

Mon avis : «««

 

Je peux dire que je suis un peu ( ?) restée sur ma faim avec ce livre-itinéraire.

Je croyais, me référant à ce que j’avais lu de l’auteur, qu’il allait nous faire partager des émotions, devant des paysages, des situations vécues, des rencontres. Mais rien de cela ; c’est  un récit linéaire émaillé de quelques formules plaisantes, certes,  reprises plus bas dans « citations » ; long chapelet de descriptions de chambres d’hôtels, d’énumérations de moyens de transport, de café pris en terrasse….

Pour être juste, je dois parler de l’apport au sujet des grands personnages « croisés » dans les villes traversées, mais tout de même, certains chapitres sont d’un ennui !!!

Quant à l’écriture, elle manque de « rondeurs », c’est assez sec, quasi désincarné ! (exemple : Shlomo était en extase, je n’en étais pas loin non plus… Mais bon, nous ne pouvions pas rester là-haut éternellement.) Les mots et les phrases s’enchaînent sans montrer d’émotions, sans non plus en procurer. Je l’ai particulièrement ressenti quand il parle de lieux que je connais : Piana en Corse par exemple, dix p’tites lignes et puis s’en vont, alors même que cet endroit est magnifique, magique, coloré, secret, que la couleur des falaises passe du rose façon biscuits de Reims au brun le plus moëlleux, que la réverbération du soleil dans l’eau fait scintiller les grains de sable à la manière d’un feu d’artifice… J’attendais peut-être trop de cette lecture, après avoir tellement aimé des ouvrages comme L’usage du monde de Nicolas Bouvier ou Voyage d’une parisienne à Lhassa d’Alexandra David Néel, où l’on sentait que les auteurs y mettaient « leurs tripes », quoi .

En définitive, je sais ce qu’il manque à ce livre : l’émerveillement de la découverte. On dirait l’auteur blasé, revenu de tout… Dommage !

 

Citations, bons mots et trouvailles littéraires :

*J’ai sans doute les notions de « confins, marges, limites » et de « passage, itinéraire, chemin » inscrites dans la matière grise de mon cerveau, peut-être même dans la moelle de mes os. Ce n’est pas seulement une question de géographie, c’est une question de paysage mental.

*on avait à peu près l’espérance de vie d’une boule de neige en enfer.

*Les îles Orcades : chacune d’entre elles disait quelque chose, dans un langage de roc aux sombres consonnes, de rumeur de mer et de lumière errante. Chacune d’entre elles était comme la première lettre enluminée d’un manuscrit océanique.

Publié dans LIRE

Commenter cet article