Althea ou la colère d’un roi de Karin HANN

Publié le par LAURA

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Editions ROBERT LAFFONT - 443 pages – 4è de couverture

En 1660, le surintendant du Roi est certainement l’homme le plus riche et le plus envié du pays. Autour de lui, Nicolas Fouquet dispose d’une vraie cour peuplée d’intellectuels et d’artistes : La Fontaine, Le Nôtre et Molière sont ses intimes. C’est dans cette atmosphère et dans le cadre paradisiaque du château de Vaux-Le-Vicomte qu’Althéa est élevée et qu’elle apparaît aux yeux du monde comme une jolie jeune femme au charme piquant et au caractère bien trempé. Pas étonnant car son nom est celui d’une espèce de roses parmi les plus rares. A Althéa tous prédisent un avenir des plus glorieux.

Mais ces rêves de gloire seront de courte durée car Louis XIV, jaloux du pouvoir de Fouquet, obtient la disgrâce du surintendant qui est condamné à l’exil et emprisonné dans le Piémont. Faisant fi de la répression, Althéa décide de se révolter. Avec l’aide du jeune et beau marquis de Mergenteuil, elle prend la tête d’une expédition en Italie afin d’aller délivrer son parrain…

L’auteur :

imageKarin HANN est née en 1968 et vit à Paris.
Durant quatorze ans, elle a été assistante et conseillère de Patrick Poivre d'Arvor pour ses émissions littéraires de TF1 et LCI.
Doctorante en histoire, spécialiste du XVIIè, elle est membre du jury du roman historique de la ville de Blois et du prix Marcel Pagnol.

Voici ce qu’elle dit de ce premier roman  : « Althéa ou la colère d’un roi est né d’un coup de foudre. Il y a quelques années, j’ai découvert Vaux-le-Vicomte et j’ai senti naître en moi une véritable passion pour ce domaine. Mes études m’ont permis d’étudier tout particulièrement le XVIIème et le XIXème siècle en littérature, et naturellement, en abordant La Fontaine à la Sorbonne, j’ai découvert ses fameuses « élégies aux nymphes de Vaux ». Les pièces du puzzle ont commencé à s’assembler… La Fontaine se battait contre un monarque absolu au risque de perdre sa pension qui lui permettait de vivre (il l’a d’ailleurs perdue !!), il fallait tout de même que la cause vaille la peine d’être défendue. Qui était donc ce surintendant Fouquet qui avait fait naître ce domaine enchanteur pour tout perdre ensuite ? Je me suis documentée, j’ai lu de nombreux ouvrages sur le sujet pour me rendre compte que la vie de Fouquet était à elle seule un roman !
Je ne souhaitais pas rédiger une biographie. Cela a été fait –et très bien fait- avant moi. Il m’apparaissait nécessaire d’avoir cette distance romanesque, cette liberté de ton. Dans le même temps, je souhaitais la présence d’un personnage qui pointerait cette injustice, un personnage qui serait autre que Fouquet lui-même, et qui serait là pour mettre en lumière les dérives de l’absolutisme, et ce que l’on appellerait aujourd’hui les « dégâts collatéraux » de ce procès inique. Car on se doute qu’il ne s’agit pas du seul emprisonnement de Fouquet mais de la ruine de toute une famille, de l’opprobre jetée sur les descendants et même d’une mère (l’épouse Fouquet ) séparée de ses enfants.
Althéa était née. Mon personnage serait féminin, car beaucoup de femmes au travers des siècles se sont battues courageusement pour leurs idées, je pense à Olympe de Gouges ou à la duchesse de Berry, sans forcément obtenir la place qu’elles méritaient à la postérité. J’ai donc voulu créer un beau portrait de femme, engagée, volontaire, décidée, qui ne renonce pas devant l’injustice et décide de se battre intelligemment, c'est-à-dire sans être broyée elle-même. Elle devait à mon sens incarner la vie qui continue malgré le drame, son triomphe sur le pouvoir de destruction. Althéa est une femme qui se relève quand elle trébuche, qui sera amoureuse, mère, et restera debout au nom de cette vie qui doit continuer coûte que coûte. Enfin, je souhaitais écrire un roman historique qui s’adresse à un large public. Il ne s’agit ni d’un réquisitoire, ni d’un plaidoyer. Mon but était de permettre au lecteur d’effectuer un joli voyage dans le temps, d’y apprendre des choses, sans s’y ennuyer. »(source : site de l’auteur)

Mon avis : ÉtoileÉtoileÉtoileÉtoile

Un bon roman qui se lit avec grand plaisir, mêlant habilement Histoire et romance.

Les personnages principaux d’Althéa et de Mathieu sont infiniment aimables et sympathiques, mais certains secondaires ne le sont pas moins, comme Arthorius et Anne d’Autriche par exemple. Le roman prend habilement la défense du personnage de Nicolas Fouquet, laissant de côté l’homme manipulateur et calculateur au profit du bon père de famille, loyal envers son souverain et profondément humaniste.

Le rythme est soutenu, juste comme il faut. Il faut dire que la plume de Karin Hann est fluide et nous entraîne sans peine, d’évènements en évènements. Certains passages sont forts en émotions et nous tireraient presque une larmichette…

Quant à l’évocation de ce XVIIè siècle flamboyant autour de la personne de Louis XIV, elle est très réussie et on se voit facilement en robes à vertugadins, dans les jardins de Vaux ou à la cour lors des grandes fêtes ! D’autant que l’on croise dans le roman Jean de La Fontaine, Molière et autres Le Nôtre ou Vatel….tous grands noms de notre Histoire.

Un premier roman réussi que je vous recommande, pour un très bon moment de lecture.

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