Des vies d’oiseaux de Véronique OVALDE

Publié le par LAURA

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Editions de l’Olivier – 2011 – 236 pages

4è de couverture

Quand sa fille Paloma déserte sans prévenir la somptueuse villa familiale, Vida Izzara croit en deviner la raison : elle serait partie avec son amant vivre une vie moins conventionnelle. Jusqu’au jour où Vida comprend que c’est elle aussi que Paloma fuit. Aidée par Taïbo, qui enquête sur un couple de jeunes gens habitant clandestinement les demeures inoccupées de la région, elle part à la recherche de sa fille. Ce périple la conduira de l’Irigoy de son enfance aux recoins secrets de son cœur. Les vies d’oiseaux sont celles que mènent ces quatre personnages dont les trajets se croisent sans cesse. Chacun à sa manière, par la grâce d’un nouvel amour, est amené à se défaire de ses liens –conjugaux, familiaux, sociaux- pour éprouver sa liberté d’exister.

(source : éditeur)

L’auteur :

clip_image003 Véronique Ovaldé est un écrivain français né en 1972.

Ses ouvrages connaissent un succès grandissant et depuis le début de sa carrière littéraire elle bénéficie d’une reconnaissance de la librairie et de la critique.

En 2008, son cinquième roman Et mon coeur Transparent est récompensé par le prix France Culture/Télérama.

En 2009, son septième roman Ce que je sais de Vera Candida, reçoit le 18e prix Renaudot des lycéens, le prix France Télévisions 2009 et le Grand prix des lectrices de Elle en 2010. (source : Wikipédia)

Mon avis :  

Flamboyant, c’est le mot qui me vient à l’esprit, le livre refermé !

Il y a réellement un style Ovaldé, ces longues phrases voluptueuses qui nous entraînent dans une valse de ressentis, ou de souvenirs, selon. On en entend la musique et, lues à voix haute, on en perçoit la ligne mélodique.

Mais en même temps, c’est délicat par petites touches, des incises qui précisent une idée ou au contraire perdent le lecteur de digression en digression, pour mieux le reprendre en main ensuite. Le tout saupoudré d’humour, comme un nuage de sucre glace sur une génoise, juste au bon moment, pour éviter que ça ne devienne lourd. Tout est travaillé dans ce texte, jusqu’aux prénoms, aux références discrètes au cinéma, à la littérature.

Et puis cet univers où le féminin est analysé et traqué dans ses moindres gestes, dans ses moindres pensées, où le masculin n’est là que pour le souligner et le faire-valoir.

Magnifiques personnages que Vida et Paloma, dans une opposition choisie pour l’une, incomprise par l’autre. Dans cette famille, des sentiments qui ne se disent pas...ou plus. La solitude de la mère est effrayante et la fille lui reprochera longtemps ses renoncements. Mais la fille partira et la mère suivra, enfin ! Pitoyable Gustavo, seul sur sa colline Dollars, dans sa maison en or. Pathétique Adolfo dans sa fuite en avant et son habitude de vivre la vie des autres, en empruntant leurs maisons.

C’est très rare que cela m’arrive, mais le livre une fois fermé, j’ai eu envie de le relire, avec le sentiment que j’ai certainement loupé des choses, tellement c’est riche et dense !

Je vous le recommande donc très vivement, pour un vrai plaisir de lecture.

Citations :

*Sa mère était très belle, mais tout un chacun ne trouve-t-il pas incommensurablement belle sa mère sur les clichés qui datent de l’âge de pierre ?

*Quand il était gamin il voulait devenir professeur ou avocat ou ethnologue. Là d'où il vient, au village, personne ne sait ce que signifie le mot "ethnologue", alors il fanfaronnait en se croyant supérieur au reste du monde. Et finalement il est devenu flic. Ça tout le monde sait ce que ça veut dire.

*L’étrange coucou que c’était. Qui avait choisi de se civiliser (jusqu’à un certain point), mû par le désir de séduire tout un chacun, de répondre à l’attente, de s’infiltrer partout, dans tous les milieux et de regarder le monde à travers les yeux de ceux qui n’avaient rien vu de ce que lui-même avait vu.

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