L’ombre du vent de Carlos RUIZ ZAFON

Publié le par LAURA

image

Editions LE LIVRE DE POCHE - 637 pages – 4è de couverture

Dans la Barcelone de l’après-guerre civile, par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : Le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant est ainsi convié par son père à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y « adopter » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre un livre qui va changer le cours de sa vie et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets « enterrés dans l’âme de la ville » : L’ombre du vent. Tableau historique, roman d’apprentissage évoquant les émois de l’adolescence, récit fantastique où les mystères s’emboîtent, comme des poupées russes.

Traduit de l’espagnol par François MASPERO

L’auteur :

image

Carlos Ruiz Zafon est né en 1964 à Barcelone. Il écrit principalement en castillan. Elevé chez les jésuites, il écrit son premier roman à 14 ans, mais choisit un métier dans la publicité qu’il quittera en 1993 pour écrire Le Prince du brouillard (prix de la Jeunesse en 2000). En 2001 ce sera l’ombre du vent puis le Jeu de l’Ange et plus récemment encore Marina.

Il vit à Los Angeles où il est également scénariste.

Mon avis : ÉtoileÉtoileÉtoileÉtoileÉtoile

Lu en mars 2011.

J’avais ce livre depuis l’été précédent et n’osait pas le commencer tant j’avais lu de choses à son sujet ; or, je me méfie toujours des critiques dithyrambiques, mais j’ai eu tort, je l’avoue, tellement c’est beau !

Un texte superbe, avec un haut niveau de langue –auquel je suppose, la traduction superbe de François Maspero a rendu mille grâces. Des formules qui font mouche, très imagées (« à force de lire chaque pli de l’anatomie de cette étudiante que je voyais seulement de dos mais que j’imaginais en trois dimensions et en perspective cavalière, je me mis à saliver comme devant un baba au rhum »). Des personnages magnifiques dont le grandiose Firmin, ou le père de Daniel… Les histoires s’intriquent comme tiroirs que l’on ouvre et ferme au rythme des petits bouts d’histoires que nous distille l’auteur : le livre maudit, son auteur Julian, l’homme sans visage, amour, amitié, haine pure, intrigues, trahisons, les mémoires de Nuria comme un livre dans le livre, l’histoire du narrateur, Daniel, qui se confond parfois avec celle de Julian, le tout dans l’atmosphère sépia et brumeuse de la Barcelone des années d’après la guerre, ses ruelles sombres et son vent qui souffle en rafales.

Il y a tout dans ce roman, tout pour en faire un Grand Roman, de ceux que l’on n’oublie pas, la dernière page refermée.

 

Citations – bons mots – trouvailles littéraires :

*Un silence hurlant que je n’avais pas encore appris à faire taire à coup de mots.

*La ville s’éveille et quitte son masque d’aquarelle.

*Le ciel s’était nettoyé de ses nuages et les rues se retrouvèrent noyées dans une buée brûlante qui faisait transpirer les thermomètres sur les murs.

*Une anémie de l’inventivité affectait ma syntaxe et mes envols métaphoriques me rappelaient les réclames de bains effervescents pour les pieds.

*Mon cervelet s’étrangla et ma salive se transforma en sciure de bois.

Publié dans LIRE

Commenter cet article