Baguettes chinoises de XINRAN

Publié le par LES PASSIONS DE LAURA

4è de couverture :

"Je vais leur montrer, moi, à tous ces villageois, qui est une baguette et qui est une poutre ! »
C'est ce cri qui a donné envie à Xinran d'écrire cette histoire. Celle, lumineuse, chaleureuse, émouvante, de trois soeurs qui décident de fuir leur campagne et le mépris des autres, pour chercher fortune dans la grande ville.
Soeurs Trois, Cinq et Six n'ont guère fait d'études, mais il y a une chose qu'on leur a apprise : leur mère est une ratée car elle n'a pas enfanté de fils, et elles-mêmes ne méritent qu'un numéro pour prénom. Les femmes, leur repète leur père, sont comme des baguettes : utilitaires et jetables. Les hommes, eux, sont des poutres solides qui soutiennent le toit d’une maison.
Mais quand les trois soeurs quittent leur foyer pour chercher du travail à Nankin, leurs yeux s'ouvrent sur un monde totalement nouveau ; les buildings et les livres, le trafic automobile, la liberté de moeurs et la sophistication des habitants...
Trois, Cinq et Six vont faire la preuve de leur détermination et de leurs talents, et quand l'argent va arriver au village, leur père sera bien obligé de réviser sa vision du monde.
C'est du coeur de la Chine que nous parle Xinran. De ces femmes qui luttent pour conquérir une place au soleil. De Nankin, sa ville natale, dont elle nous fait voir les vieilles douves ombragées de saules, savourer les plaisirs culinaires et la langue truculente de ses habitants. Et d'un pays, la Chine, que nous découvrons par les yeux vifs et ingénus des trois soeurs, et qui nous étonne et nous passionne car nous ne l'avions jamais vue ainsi.

 L’auteur :

XINRAN est née en 1958 à Pékin, dans une famille fortunée qui sera persécutée pendant la Révolution Culturelle : maison brûlée, parents emprisonnés pendant sept ans. La petite fille, qui souffre de sa « mauvaise origine de classe » est confiée à un orphelinat militaire. « En tout, dit-elle, j'ai vécu avec ma mère moins de trois ans. L'Université de l'Armée lui permet des études d'anglais et de relations internationales ».  A la radio elle a animé une émission où elle recueillait sans tabou les confidences des femmes et dont elle a tiré ses premiers livres : Chinoises et Funérailles célestes. Depuis 1997 elle vit à Londres, publie dans The Guardian et est conseillère à la BBC sur les questions relatives à la Chine.

 Mon avis :

Ce livre écrit sur un ton léger et avec humour évoque néanmoins des sujets graves : le sexisme paroxistique de ce pays qui néglige les « baguettes » au profit des « poutres » avec toutes les conséquences que cela peut avoir, l’échec de la politique de régulation des naissances dans les campagnes, la dichotomie profonde entre conditions de vie à la ville et en campagne… Les trois sœurs ne trouveront pas toutes le bonheur à la ville, mais on suit plaisamment leur trajectoire.

Un livre vite lu – pas une œuvre littéraire, plutôt un document sociologique… mais un bon moment dépaysant.

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