Des maisons, des mystères de Germaine BEAUMONT

Publié le par LES PASSIONS DE LAURA

DES MAISONS DES MYSTERES4è de couverture : "La harpe irlandaise-Les clefs-Agnès de rien"

Ce sont trois "romans policiers sans police" selon le mot de Colette. Il y a des secrets de famille, des histoires enfouies que l'on croyait perdues à jamais, des maisons silencieuses qui ne demandent qu'à parler. En butte à la bassesse et au mensonge, des femmes solitaires enquêtent, parfois dans leur propre passé, savent écouter la pierre, les meubles, les jardins, témoins et gardiens de drames oubliés. Elles bouleverseront ainsi l'ordre des choses.
L’auteur :

Germaine BEAUMONT (1890-1983) a vécu en Angleterre de 1908 à 1915 après ses études, fut feuilletonniste dès 1916- chroniqueuse au Matin (Le petit billet des femmes) de mai 1919 à 1925, aux Nouvelles Littéraires (page féminine) – romancière dès 1930 avec le Piège. Elle fut la première femme à obtenir le Prix Renaudot, qui ne sera que le premier d’une longue liste de récompenses pour sa vingtaine de romans. Amie de Colette, traductrice de Virginia Woolf. Jury Fémina. Débuts à la radio en 1950. Directrice de collection chez Plon. De 1957 à 1974, elle anima  à la radio Les Maîtres du Mystère, puis L’heure du Mystère. Une vie riche de femme moderne !!

Mon avis :

J’ai adoré !! Il y a bien longtemps que je n’ai pas lu un livre qui ait à la fois pour lui l’histoire (les histoires devrais-je dire là) et une écriture aussi magnifique !! On est pris dès les premières lignes et on s'en détache difficilement. Il y a pourtant 870 pages.... Tout le livre parle de sentiments,  mais ce ne sont pas des romans sentimentaux. 

Une époque : début de XXè siècle que l’on retrouve dans la description des intérieurs de maison, de l’ameublement,  des conditions de vie des personnages (la condition féminine notamment).

Des descriptions somptueuses des maisons qui ne décrivent pas seulement, mais qui en même temps installent une atmosphère : on ressent l’humidité, la pauvreté, ou l’opulence, mais aussi dans les parcs ou les jardins, le brouillard, les arbres, les puits, les kiosques ou les usines abandonnés…

Des personnages dont les caractères sont fouillés jusqu’au plus profond de leur âme ; beaucoup de femmes dans ces trois romans : des femmes froides, calculatrices, blessées ou craintives, des bourgeoises ou des femmes de rien, des mères indignes (on retrouve là certainement la blessure jamais refermée de l’auteur quant à l’abandon par sa mère à l’âge de 8 ans), toutes cachant leurs frustrations, les secrets de famille, leur folie parfois… Un très beau personnage d’homme avec Carlo dans Agnès de rien. L’auteur analyse d’un œil de quasi sociologue toutes les pensées, les sentiments, les comportements des personnages (ex : l’analyse du rien dans Agnès de rien)

Un dénominateur commun aux trois romans : la solitude. Cet état est analysé de toutes les façons : le temps qui s’étire, épais, sans borne, sans perspective – les sentiments des personnages qui vont de l’abattement et l’apathie au choix délibéré de cette solitude – l’indifférence des autres…

J’ai aussi aimé la façon dont l’auteur sème les indices tout au long du roman, pour nous faire suivre la piste jusqu’au dénouement, les signes que la vie se charge d’envoyer aux héroïnes, les mettant en chemin pour parvenir à la vérité..

En conclusion, point fort dans la Harpe irlandaise : l’intrigue - dans les Clefs, les personnages et les dialogues- dans Agnès de rien : la propriété de la belle-famille et les personnages. Ce dernier roman étant sans doute mon préféré.

J’avais pensé mettre quelques citations, mais je n’ai su choisir ! Alors, je vous laisse découvrir…. persuadée que vous ne serez pas déçu(e)s.

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