Eloge de la lenteur de Carl HONORE

Publié le par LES PASSIONS DE LAURA

ELOGE DE LA LENTEUREditions Marabout– 263 pages - 4è de couverture :

Pourquoi sommes-nous si pressés ? Pouvons-nous et voulons-nous aller moins vite ? Nous avons décidément tendance à privilégier la quantité de tâches à abattre à la qualité de nos actes quotidiens.

A l’heure où la performance est requise sur tous les fronts de l’existence (travail, couple, famille, vie sociale et même… loisirs !) Carl Honoré enquête au cœur d’un courant d’opinion baptisé « Slow » qui propose de rééquilibrer rapidité et lenteur dans notre vie, et retrouver ce que les musiciens appellent « tempo giusto ».

Et si un bon usage de la lenteur pouvait rendre nos existences plus riches ?

 L’auteur :

honore.jpgCarl HONORE est un journaliste canadien. Il a travaillé pour l’Economist , l’Observer, le National Post… Il vit à Londres avec sa femme Miranda et ses deux enfants.

Son site ici

Mon avis :

Il y a une vraie richesse dans cet essai sur la lenteur. Beaucoup d’informations, des exemples, des statistiques, qui aident à la réflexion sur ce sujet ô combien intéressant et d’actualité.

J’adhère complètement à ce ‘mouvement pour la lenteur’, lenteur  que j’ai toujours privilégiée dans ma propre vie, que ce soit dans l’organisation familiale, l’éducation de mes fils, le temps libre que je ne cherche pas forcément à occuper…. Je suis tout à fait d’accord avec les analyses sur la lecture, la télévision… et ne renie aucunement les avancées technologiques quand elles servent sans asservir.

Mais, il y a plusieurs ‘mais’ dans cette étude…

Tous les exemples cités concernent des familles bien insérées dans le tissu social avec des jobs lucratifs pour la plupart, des niveaux d’études en rapport, une certaine sérénité par rapport au lendemain, qui leur permet de réfléchir à comment orienter ou réorienter leur vie. A aucun moment, il n’est fait allusion à la famille ‘lambda’ (*) qui habite un pavillon qu’elle peine à payer avec les petits salaires des deux parents, l’incertitude du lendemain, les enfants à vêtir, orienter,… ; encore moins est-il fait allusion à la famille des HLM de banlieue (*) pour qui vie au quotidien rime souvent avec survie, ou à tout le moins vie au jour le jour….

(*) je précise qu’il ne s’agit pas là de caricature ou de stigmatisation, mais de vécu et rencontré dans mes différents métiers.

Le mouvement n’essaime pas tant que cela, hélas. Le livre a été publié en 2004 et si on se promène sur Internet, on se rend compte que le nombre de villes « Citta Slow » n’a pas tellement évolué, ni les écoles progressives, ni…. Je n’en ai jamais entendu parler autour de moi,  par exemple. Alors, que des individus, groupes d’individus ou entreprises en aient pris conscience, soit, mais la compétition économique effrénée oblitère toutes ces velléités de ralentir le mouvement et de redéfinir une vraie vie, faisant la part belle à autre chose que la lutte.

Malgré tout ce que l’on voudrait, il y aura toujours, comme à toutes les époques, -des pressés pour qui lenteur = paresse ou vice, -des gens qui préfèreront 4h de télé ( TF1  de préférence !) à 1h passée à jouer avec leurs enfants, -d’autres qui trouveront criticable notre propension à réfléchir, à ne pas suivre l’agitation, à ne pas participer à la construction d’un monde compétitif… Dommage pour eux !!

 (malgré les bémols qu’on peut lui opposer) J’ai bien sûr beaucoup aimé cette lecture, vous l’aviez compris ! 

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