L'entreprise des Indes d'Erick ORSENNA

Publié le par LES PASSIONS DE LAURA

L ENTREPRISE DES INDESEditions Stock/Fayard– 386 pages - 4è de couverture :

« Les bateaux ne partent pas que des ports, ils s’en vont poussés par un rêve. Bien des historiens ont déjà commenté et commenteront la Découverte de Christophe et disputeront de ses conséquences.

Etant son frère, celui qui seul, le connait depuis le début de ses jours, j’ai vu naître son idée et grandir sa fièvre. ?

C’est cette naissance, c’est cette folie que je vais raconter. »

 L’auteur :

Erick ORSENNA est né en 1947. Des origines saumuroises, luxembourgeoises, cubaines, une formation d’économiste, matière qu’il enseignera à l’université, des activités administratives dans plusieurs ministères (Coopération, Affaires Etrangères) et à l’Elysée en tant que conseiller culturel, un poste de Conseiller d’Etat, un fauteuil d’Académicien depuis 1998, et une constante autour de la mer, personnage présent dans tous ses romans et des voyages. Ce roman est le dernier publié.

Mon avis :

J’ai tout lu de cet auteur et quasiment tout aimé. Son regard malicieux se pose avec une certaine gravité cependant sur la danse du monde. Par petites touches il nous montre ce qui  est et ce qu’on risque. J’ai adoré dans ce registre Portrait du Gulf Stream et Voyage aux pays du coton, mais aussi Salut au Grand Sud.

Là, nous sommes dans un autre registre (quoi que !), un contexte historique, le personnage de Christophe Colomb parlé par son frère Bartolomé. Tous les excès et toute la fièvre ressentie par ce personnage dans cette époque de grand bouillonnement, de grandes découvertes.

Passionnée de cartes anciennes, j’ai appris plein de choses sur le métier de cartographe, et aussi sur les débuts de l’imprimerie (très belle analogie entre les ports et la ville de Louvain où les bateaux sont des livres, p.214-215)

Même si j’ai trouvé longue à démarrer l’histoire de Christophe lui-même, j’ai eu beaucoup de plaisir à la lecture, car c’est écrit dans une belle langue, qui manie bien les images (« …les bateaux, ils s’agitaient en tous sens, comme un troupeau terrifié »), qui coule et nous emporte dans ses vagues puissantes.

 

Citations :

*Pourquoi les mots que la musique accompagne se gravent-ils plus profondément dans la mémoire que les mots nus, les mots seuls ? Les notes ont-elles des crochets qui se cramponnent aux régions de la tête où s’entreposent les souvenirs ?

*Une idée m’est venue […] selon laquelle Dieu n’a voulu, vraiment voulu, que la mer et la musique. Le reste de Sa Création –notamment la terre ferme, les hommes et leurs langages- n’est que brouillons, variations pernicieuses ou enchaînements mécaniques, essais malheureux, repentirs, déchets.

*…cette mer maudite, la plus puissante des machines à séparer les couples.

*le principal, pour un esprit humain, n’était-il pas d’être possédé par ce genre de fièvre, et qu’importe la raison de la fièvre ?

*Lire ressemble à regarder l’horizon. D’abord on ne voit qu’une ligne noire. Puis on imagine des mondes.

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