La consolante d'Anna GAVALDA

Publié le par LAURA

La ConsolanteEditions J’ai Lu –635pages – 4è de couverture

Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, apprend incidemment la mort d’une femme qu’il a connue quand il était enfant et qui incarnait pour lui un univers bien différent de sa famille petite-bourgeoise : un univers de folie, de passion, de douleur même, un univers vivant. A l’annonce de cette nouvelle, il bascule dans l’angoisse et le chagrin. Il perd pied. Dans son couple, dans son travail, dans ses certitudes… jusqu’à ce que sa rencontre avec la lumineuse Kate change sa vision du monde.

 

L’auteur :

Anna GavaldaAnna GAVALDA est née en 1970. Un parcours scolaire littéraire classique : hypokhâgne suivie d’une maîtrise de lettres modernes à la Sorbonne. Anna lit beaucoup et aime écrire.
Elle exerce divers petits boulots (serveuse, caissière...) avant qu’elle décide d’envoyer sa candidature à Madame Figaro. Elle y témoigne pour un dossier sur les enfants de parents divorcés. Puis elle va cumuler les métiers de chroniqueuse pour le Journal du Dimanche, de professeur de français et d'assistante-vétérinaire. Elle est également mère de deux enfants.
L’aventure littéraire commence réellement en 1992, année où elle devient lauréate France Inter pour La Plus Belle Lettre d’amour. Dans la foulée, elle rafle la mise à de nombreux concours de nouvelles et essaie de se faire publier sans succès. Finalement, Le Dilettante lui offre sa chance. 
Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, son premier recueil obtient le Grand Prix RTL-Lire en 2000. Il sera réimprimé douze fois. (200 000 exemplaires écoulés en France) et traduit dans 27 pays. En 2002 paraîtra son premier roman, Je l'aimais, adapté au cinéma par Zabou Breitman en 2009. Suivront un roman pour adolescent en 2002 et son grand succès, Ensemble, c'est tout en 2004, adapté au cinéma par Claude Berri.
Aujourd'hui, Anna Gavalda vit à Melun, où elle est documentaliste à mi-temps dans un collège. Elle est également chroniqueuse pour le magazine Elle.
 

 

Mon avis :

Très rare que je gratifie un livre de 5 étoiles (d'autant que je n'avais pas aimé le dernier sorti : L'échappée belle, que j'avais trouvé bâclé !!) mais là, vraiment, aucune hésitation.  J’ai adôoré !!

Anna Gavalda n’a pas son pareil pour créer des ambiances, ou plutôt pour décrire, pour rendre des ambiances, telles que nous en avons tous pu connaître : le réveillon un peu tendu avec la famille et ses faux-semblants, ses grimaces pour que la façade reste lisse – la fête de l’école (« ces petits spectacles en bouts de ficelle »)…

Il y a quelques morceaux de bravoure aussi : la description de la ferme de Kate,  celle de la maison d’Alexis, l’évocation de Nounou… Et une galerie de personnages tous plus vrais, plus authentiques que nature, un bonheur !!...  Et le style… tout en accélération-décélération selon les états d’âme de Charles, des dialogues qui sonnent juste.

J’avais parfois l’impression que l’auteur elle-même se laissait porter par les personnages, sans avoir su au préalable où elle voulait aller, tellement ces personnages sont forts et puissants.

Alors un conseil surtout : il ne faut pas se laisser arrêter par les soixante premières pages où l’histoire paraît lente à démarrer car il y a tout une atmosphère à installer. Ensuite on est pris au cœur, aux tripes et on survole les pages, à la fois impatient d’aller au bout et peiné d’y arriver trop vite !

A lire vite une première fois et à relire pour déguster……sans modération !

 

Citations - bons mots - trouvailles littéraires :

*Elle portait une robe portefeuille qui lui cachecoeurait le buste, lui nouait la taille, lui dessinait de jolies cuisses (…) en tirant sur le tissu bleu-gris où cavalaient des tas de petites arabesques turquoise (…) il observait comment ces arabesques s’y prenaient pour contourner l’emmanchure sans perdre le fil de leurs volutes.

* »nouvelles maisons »… ça voulait dire lotissement, en chienlit correcte… Tout ce qu’il aimait… Constructions de merde, crépi de merde, volets roulants, boîte aux lettres en série et lampadaires à lanternes chichiteuses. Le pire c’est que ça coûtait cher , ces verrues-là… Des thuyas, une grille prétentieuse et un portail à ferronneries Lapeyro-médiévales. Ne manquaient plus que les petits lions en haut de chaque pilier. Charles lissa les poches de sa veste et tira la chevillette. Une bobinette blonde apparut derrière la porte-fenêtre.

*Une femme qui savait démonter une chaîne de tronçonneuse, laissait entrevoir un soutien-gorge rose pâle quand elle se penchait en avant et savait aussi bien jouer des deux langues, ce n’était même pas la peine de chercher un dossard…

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Suzanne 30/12/2010 17:53


Une auteure que je néglige malgré que j'avais beaucoup aimé son recueil: «Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part». Je prends note de ta suggestion.


LAURA 31/12/2010 01:36



Tu devrais aimer ! c'est plein des petites choses de la vie, d'humour, d'amour.... un vrai régal !!