Le chagrin de Lionel DUROY

Publié le par LES PASSIONS DE LAURA

LE CHAGRINEditions Julliard – 548 pages - 4è de couverture :

De l’Occupation à nos jours en passant par la guerre d’Algérie et Mai 68, des avenues chics de Neuilly aux cités dortoirs de Rueil, Lionel Duroy retrace l’itinéraire chaotique d’un enfant, puis d’un homme, pris au piège d’une odyssée familiale désastreuse. Un roman poignant qui fouille les mentalités françaises des cinquante dernières années.

L’auteur :

Lionel DUROY est né en 1949. 4è enfant d’une famille aristocratique désargentée de onze enfants, il fut longtemps journaliste à Libération et à l’Evènement du jeudi. Il a écrit une dizaine de romans, dont le thème de prédilection est sa famille.

En suivant ce lien, vous le voyez présenter ce roman.

http://bibliobs.nouvelobs.com/20100321/18439/video-lionel-duroy-presente-le-chagrin

Mon avis :

J’ai eu quelques craintes au départ quand j’ai vu que cette autobiographie était écrite de manière chronologique. Mais très vite, j’ai cheminé aux côtés de l’auteur, empruntant avec lui les quelques détours et approfondissements qu’il offrait.

J’ai retrouvé une tranche de mon Histoire de France –des années 60 à 2000-, l’évolution des voitures, le Dall’ami, les préoccupations  sur la guerre d’Algérie (plus exactement, ce qu’en fantasmaient les enfants), puis ses suites en France au niveau politique, les différentes élections présidentielles, les problèmes de contraception…. Il y a tout le jus d’une époque là-dedans !!

J’avoue avoir été émue plusieurs fois, notamment quand Lionel Duroy parle de l’amour de sa mère qu’il aurait tant voulu gagner, des quolibets de ses frères qui l’appelaient le Nogret, en se moquant de « ses bonnes joues ». Dans les familles nombreuses (j’en sais quelque chose, nous étions 7 enfants), il y a toujours des « alliances » en fonction des caractères, des moments et c’est bien rendu dans le livre.

Mais j’ai aussi souri (jaune) en pensant à ces garçons que le père gardait dans sa voiture pour ne pas avouer à la mère qu’ils étaient déscolarisés, quand l’auteur récitait à la mère toujours la même leçon de géographie sur le « riant Vivarais » mais qu’elle ne s’en apercevait pas (désintérêt complet ? égotisme ? distraction ?...).

Tous les qualificatifs me sont venus, et souvent négatifs, à l’égard de ses parents ; le père, bonimenteur, roublard, embobineur, servile envers sa capricieuse de femme, mais qui a malgré tout tenté d’ « assurer » avec «  un extraordinaire sang-froid » au fur et à mesure des catastrophes qui s’abattaient sur la famille (dûes en grande partie à son manque de réalisme et à son désir inconditionnel de se plier aux exigences de Madame !) ; la mère, éternelle insatisfaite, qui se désintéressaient ( ?) de ses enfants, sauf de Frédéric, qui « ressemblait tant » à son propre père et Nicolas qui était « beau garçon », les laissant s’élever tant bien que mal ! On ne sent pas une once de tendresse dans cette femme-là.

J’ai aussi retrouvé (pour l’avoir vécue) la manière dont le clan se serre les coudes, quand attaqué, fût-ce par un des siens ! Là en l’occurrence, avec la publication de Priez pour nous !

Un moment je me suis même dit que je pourrais écrire l’exact inverse au sujet de mon enfance : nos parents aimants, s’aimant, beaucoup de joie, de découvertes, de complicité, chaque nouvelle naissance vécue comme un vrai cadeau…. Je le ferai un jour prochain et l’angle d’attaque ne sera sans doute pas le chagrin !!

Du moment où j’y ai fourré le nez, je n’ai pu me sortir de ce livre qui m’a captée, captivée,  et je vous le recommande chaudement !!

Citations :

*Je crois que je me mets à regarder notre mère comme une vieille enfant capricieuse et gâtée, mais cependant facile à berner du fait de sa naïveté et de sa bêtise (en dépit de la peur qu’elle ne cesse, et ne cessera jamais, de m’inspirer). [Lionel Duroy a 13 ans lorsqu’il pense cela].

*Cette année-là je me mets à lire(…). Pas énormément, mais suffisamment pour prendre mieux conscience de notre isolement, et la misère intellectuelle dans laquelle nous ont enfermés nos parents. « Cette idiote inculte », pense-t-il de sa mère

*Il arrive sans doute un moment où la liberté s’offre à chacun de nous de faire ce qu’il veut de sa vie, y compris dans les familles nombreuses, et il m’est apparu vers la fin de la nuit que cette liberté s’offrait soudain à moi et que je devais m’en saisir.

Publié dans LIRE

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Richard 08/08/2010 19:57


Et je serai un des premiers lecteurs de cette future autobiographie !
Au plaisir !