Le coeur cousu de Carole MARTINEZ

Publié le par LES PASSIONS DE LAURA

LE COEUR COUSU Je viens de me rendre compte que j'ai oublié de publier mon avis sur ce très beau livre lu fin janvier. Et ç'aurait été dommage !! Le voici donc.

Editions Gallimard Folio – 440 pages - 4è de couverture :

Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse... Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels. Carole Martinez construit son roman en forme de conte : les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé: il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie.

L’auteur :

 Ancienne comédienne, Carole MARTINEZ se recycle dans l'enseignement et devient professeur de français dans un collège d'Issy-les-Moulineaux. Elle profite d'un congé parental en 2005 pour se lancer dans l'écriture. Elle désire écrire "quelque chose qui soit entre le conte et le roman." Puisant dans les légendes de sa tradition familiale espagnole, elle brode à partir des histoires que sa grand-mère lui racontait. Ce premier roman est un succès énorme, couronné par de huit prix.

Un article très intéressant http://bibliobs.nouvelobs.com/2008/05/22/linconnue-aux-8-prix

 Mon avis :

Stop…PEPITE…Stop…PEPITE

A lire absolument si ce n’est déjà fait !! Tout va bien dans ce roman : l’histoire qui tient à la fois de la fable et du conte, les personnages cousus au petit point comme les robes, bannières et autres merveilles qui sortent des mains de Frasquita, tout !!

Une fois entrés dans son monde, on se laisse porter, oubliant certains passages un peu lassants, grâce à des « trouvailles » tellement riches : situations comme la préparation de la vierge pour la procession annuelle,  le compagnonnage obligé avec les anarchistes, mais aussi personnages comme le garçon Pedro El Rojo qui dessine sur les murs et par terre, les meubles qui ont été joués au combat de coqs par son père (notamment la table autour de laquelle ils se mettent, assis par terre, pour le souper) – la petite Clara la lumineuse –la boîte transmise de fille en fille, contenant…. non, je ne peux pas le dire sans lever un coin du voile !!

Courez vite l’acheter et plongez dans le monde riche et tumultueux de Frasquita.

Citations :

Sur la lecture : « une véritable promenade d’agrément dans un jardin interdit, réservé aux nantis, aux lettrés, aux savants, un jardin où fleurissait l’orgueil des hommes, masqué sous l’apparence d’un innocent chapelet de petites taches noires. »

«le curé avait vu dans le cheminement des yeux qu’elle parcourait le texte sans faux pas. Le regard s’était d’abord appuyé sur un doigt pour ne pas perdre l’équilibre, ne pas être précipité en bas de page, ne pas sauter d’un mot à l’autre ou dégringoler de plusieurs lignes et se rattraper à l’arête d’une lettrine, n’importe laquelle, in extremis.. » 

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