Le sens de la famille d'A.M. HOMES

Publié le par LES PASSIONS DE LAURA

LE SENS DE LA FAMILLEActes Sud – 235 pages - 4è de couverture :

Issue d’une liaison entre une jeunes femme de 22 ans et son employeur –un homme marié plus âgé qu’elle et déjà père de famille- adoptée par un couple d’universitaires que la mort a privé de leur fils, c’est à l’âge de trente et un ans que AM Homes voit ses parents biologiques surgir, l’un après l’autre, dans son existence, alors que la jeune romancière est en train de recueillir ses premiers succès littéraires…

Périlleux exercice autobiographique, voyage identitaire aux allures parfois de film noir entre frénésie généalogique et ressassement du traumatisme de l’abandon, ce récit est stupéfiant de profondeur et de courage.

L’auteur :

A.M. HOMES, née en 1961, auteur de plusieurs romans dont Ce livre va vous sauver la vie, collabore à Vanity Fair et publie des fictions et essais dans plusieurs grands journaux de New York où elle vit.

Mon avis :

Quelle destinée !  Abandonnée à la naissance, A.M Homes est adoptée par des parents qui viennent de perdre un enfant, comme pour le remplacer. Elle subit donc le double poids de l’abandon et du rôle de doublure. Mais c’est presque pire quand ses vrais parents refont surface….

Ce livre est parfois poignant, parfois lassant. La mère biologique est quelqu’un d’un peu déjanté, en fait très désespérée, le père biologique m’a paru comme un vieux beau lâche et mou. Tous deux sont montrueusement égoïstes : la mère voudrait que sa fille s’occupe davantage d’elle ( !!) et le père passe son temps à lui promettre toutes choses qu’il ne tiendra jamais.

On accompagne l’auteur dans sa recherche d’indices sur ceux qui l’ont engendrée et leurs propres ancêtres, recherche exacerbée par la mort prématurée de la mère biologique.

 J’ai trouvé certains passages  longuets, notamment la recherche sur le grand-père maternel,  sans doute parce qu’il fait référence à une histoire des Etats Unis que j’ignore  mais que l’auteur a été ravie de découvrir.

C’est terrifiant de se voir n’appartenir à aucune histoire familiale, et porte à réflexion sur ce lien, tellement fort( ?), du sang, de la génétique. On ne sort pas indemne de la lecture de ce récit.

Citations :

-Par moments, je me suis sentie soulagée de ne pas "descendre" de mes parents, d'être délestée de leur biologie, pour éprouver ensuite un sentiment d'altérité profonde, de douloureuse solitude.

-une des complications pathologiques de l'adoption - les adoptés n'ont pas vraiment de droits, leur vie consiste à servir les secrets, les besoins et les désirs des autres.

-être adopté, c’est être adapté, amputé puis recousu. Qu’on retrouve l’usage de ses fonctions ou pas, il y aura toujours des tissus cicatriciels.

-comment une personne qui n’a pas d’histoire peut-elle avoir un anniversaire ? …Chaque année, je ne peux m’empêcher de penser à la femme qui m’a donnée.

-Lorsque Norman s’avance vers le comptoir, je m’aperçois que son derrière a un air familier et.. je me dis : Tiens, voilà mon cul !... c’est la première fois que je vois quelqu’un d’autre dans mon corps.

Publié dans LIRE

Commenter cet article