Les âmes soeurs de Valérie ZENATTI

Publié le par LES PASSIONS DE LAURA

LES AMES SOEURSEditions de l’Olivier -  172 pages - 4è de couverture :

« Rien ne doit gâcher la journée qui s’ouvre, telle une fleur fragile et rare. Le temps s’écoule seconde après seconde et il devient précieux. 9 heures 05. »

Ce matin-là, Emmanuelle a décidé de tout envoyer promener : enfants, mari, travail… et de prendre sa journée. Pour elle, pour vivre quelques heures de liberté absolue. Et pour lire le roman qu’elle vient de commencer et que nous découvrons avec elle : la confession d’une photographe, une passion fulgurante, des images de guerre.

Elle marche dans Paris, obsédée par cette femme qu’elle ne connaît pas mais qui touche en elle ce qu’elle a de plus intime, des peines assourdies et des amours non vécues. Son errance se double alors d’un voyage intérieur à travers les fragments d’un passé soudain libéré.

 L’auteur :

VALERIE-ZENATTI.jpgNée  à Nice en 1970 dans une famille juive, Valérie Zenatti a émigré en Israël à l’âge de 13 ans. Avec sa famille, elle a vécu à Beer-Sheva, ville du sud d'Israël. De 1988 à 1990, elle effectue son service militaire comme toutes les jeunes Israéliennes de son âge. 

Elle revient en France pour y suivre des études d’histoire et d’hébreu (qu’elle a approfondi à l’Inalco). Elle est d’abord journaliste, puis passe le Capes pour devenir professeur d’hébreu, son premier poste est à Lille.

Depuis 1999, Valérie Zenatti écrit des romans pour la jeunesse  (l’Ecole des Loisirs) et traduit en français l’œuvre de l’écrivain israélien Aaron Appelfed.

 (source : Biblio-monde)

Mon avis :

J’ai aimé infiniment ce court roman !

On accompagne Emmanuelle dans sa journée « volée », qu’elle s’accorde pour terminer la lecture du livre de la photographe Lila Kovner.

Ce sera pour elle l’occasion de cheminer auprès de ceux qui sont importants pour elle, vivants ou morts : Héloïse, son amie très chère, emportée peu de temps auparavant par la maladie (un très beau personnage comme on aime en rencontrer, qui illuminent la vie) ; son mari Elias et ses trois enfants, son père et puis sa mère, « morte quand elle avait dix ans ».

Il y a des passages magnifiques, pleins de sensibilité, de finesse : quand Emmanuelle contemple ses enfants endormis, ou sur Aram, la danseuse coréenne –passage qui sonne comme une parabole- , sur son amitié avec Héloïse et sur l’évocation de sa mère « Maman, dit-elle tout bas, étourdie par le mot… Maman, répète-t-elle doucement. Je ne sais pas si je lutte depuis trente ans pour ne pas me sentir disparaître avec toi ou au contraire pour disparaître comme toi. Je t’en ai tant voulu. Et je t’aime tant. »

J’ai aimé cette « rencontre » pleine de force et de fragilité entre Emmanuelle et Lila au travers du livre où la dernière raconte sa douleur depuis la mort de Malik et  comment elle continue à vivre pleinement. Cette attitude fait réfléchir Emmanuelle qui examine alors sa vie à elle avec tout ce qu’elle n’y a pas choisi ou qu’elle n’a pas le sentiment de pouvoir changer : son travail qui ne la satisfait pas, son manque de sommeil continuel depuis la naissance des enfants, et même la relation qu’elle a avec Elias.

Il y a un beau mélange de phrases courtes qui rythment le quotidien et de très longues phrases au fil desquelles se déroule la réflexion d’Emmanuelle.

Ce livre devrait parler à celles et ceux qui à un moment ou à un autre de leur vie ont des doutes, font le point sur eux et sur leur vie.

Au regard de tout ce que l'on trouve dans ce roman, le commentaire est forcément restrictif car c’est très fort et pour ma part, ce livre m’accompagne en pensée depuis deux jours que je l’ai terminé.

 

Citations :

*C’était donc ça, la vie : un regard écrasé par l’obscurité et traversé par la lumière ; le sentiment d’C’était donc ça, la vie : un regard écrasé par l’obscurité et traversé par la lumière ; le sentiment d’être relié à ce qu’on ne peut pas toucher, mais que l’on voit, que l’on ressent.

*Le hasard existe peut-être. Certainement. Mais quelle importance, au fond ? C’est la signification que nous donnons aux évènements, le lien que nous tissons entre eux, qui est important.

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