Méfiez-vous des écrivains de Lionel DUROY

Publié le par LAURA

Méfiez-vous des écrivains par DuroyEditions JULLIARD –287 pages – 4è de couverture

S’ils le voulaient vraiment, les gens ordinaires pourraient connaître des destins extraordinaires. Luc Esline en est tellement convaincu qu’il décide de faire des habitants de son immeuble les héros de son nouveau roman. Le gentil couple de l’appartement d’à côté est-il au bord du crime passionnel ? Le dentiste misanthrope du rez-de-chaussée cache-t-il un secret épouvantable ? A moins que ce ne soit le patron de presse arrogant du dernier étage, qui est bien discret sur sa jeunesse militante ? Il suffit d’observer, d’écouter, d’additionner deux et deux et de faire preuve d’un brin d’imagination pour que la vie des autres prenne une surprenante dimension.  (…)

Mais attention ! Raconter publiquement la vie des autres, c’est prendre le risque de modifier le cours de leur existence ? Il est peu probable qu’ils vous le pardonnent.

L’auteur :

Lionel DuroyJe l’ai déjà présenté ici.

Il a été interviewé à propos de ce livre ici.

Mon avis :

Voilà bien le genre de livre que j’apprécie ; de l’inventivité dans le sujet (les sources d’inspiration d’un écrivain) et dans le style : un faux journal intime et un roman dans le roman.

C’est bien écrit, l’écriture est vive, nerveuse, comme j’aime. Et la galerie de personnages sonne juste.

Un bon moment de lecture pour un week-end pluvieux de novembre.

Citations  :

*Mathilde Le Goff illustre  jusqu’à la caricature ma conviction que les gens gagnent rarement à être connus, en dépit de l’insatiable curiosité qui me pousse vers eux. Ils donnent le meilleur d’eux-mêmes durant les trois ou quatre premières rencontres, puis on découvre leur peu d’ambition, pour ne pas dire leur veulerie, leur impuissance à trancher, à tout balancer pour l’unique chose à laquelle ils prétendent croire, et alors on se noie avec eux dans un marais tiédasse où tout se dilue. *C’est un vieux coupé Alfa Roméo dont le coffre est à peine plus vaste qu’un sac à main.

*Je ne crois pas au sacrifice. Il se cache toujours derrière,  d’autres convoitises, d’autres appétits.

*Quand l’écrivain se trouve face à une faiblesse chronique ou momentanée des personnages qui l’inspirent, il est de son devoir de les suppléer. Le livre doit continuer, coûte que coûte. Il n’y a que dans la vie réelle qu’on parvient à étouffer les scandales, à diluer le drame dans le potage quotidien en conjuguant nos lâchetés. Les livres sont le seul espace où chacun est prié d’aller au bout de son destin. A moins que l’écrivain lui-même jette l’éponge.

*Les adolescents ne m’intéressent pas. Ils tiennent des discours assassins sur leurs parents et protestent quand il n’y a plus de corn flakes. L’adolescence est le seul âge de la vie où l’on traîne les gens dans la merde sans prendre le moindre risque, où les mots n’ont aucun sens puisqu’ils n’ont aucune conséquence.

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Richard 02/12/2010 01:07


Ça me semble bien intéressant !
Merci !


LAURA 04/12/2010 21:11



C'est un bon moment de lecture.