La montagne invisible de Carolina de ROBERTIS

Publié le par LES PASSIONS DE LAURA

LA MONTAGNE INVISIBLEEditions Belfond – 377  pages - 4è de couverture :

Petite paysanne illettrée tout juste débarquée dans la capitale, abandonnée par un mari volage, Pajarita va mettre à profit sa connaissance des plantes médicinales et un savoir hérité de ses ancêtres indiens pour devenir une guérisseuse très appréciée. Le début d’un destin hors du commun…

Eva, sa fille, rêve de poésie pour mieux oublier un quotidien sordide. Violée par son patron, rejetée par Andres, son ami d’enfance dont elle est éperdument amoureuse, elle décide de tenter l’aventure en Argentine. Une aventure qui la mènera dans les plus hautes sphères avant de précipiter sa chute…

Salomé est la fille d’Eva. Le jeune interne qui assiste à sa naissance s’appelle Ernesto Guevara. Signe du destin ? A l’age des premiers émois, la jeune lycéenne rejoint le groupe clandestin des Tupamaros…

Du Montevideo du début de siècle au Buenos Aires d’Evita Peron, des rives scintillantes du Rio de la Plata aux camps secrets des guerilleros, de la naissance d’une civilisation à la plus terrible des dictatures, en passant par l’effervescence artistico-bohème d’après-guerre, le fascinant parcours de trois générations de femmes déterminées à préserver leur indépendance.

 L’auteur :

Carolina de ROBERTIS est née en 1975 de parents urugayens. Elle a passé sa jeunesse en Angleterre puis en Suisse avant de s’installer aux USA. La Montagne Invisible est son premier roman (traduit de l’américain par Daphné Bernard). Elle enseigne la création littéraire à l’Université de Californie et vit à Oakland.

 Mon avis :

A LIRE ABSOLUMENT !

Magnifique roman qui évoque 4 femmes sur un peu moins d’un siècle, Pajarita l’arrière grand-mère, Eva la grand-mère, Salomé la mère et Victoria la fille, entre Montevideo, Buenos Aires et Cuba.

C’est riche en Histoire et en histoires, plein de vie, de joies, de peines, de force,, d’émotion.

La pulsion de vie en elles est puissante et les pousse au-delà, en avant, toujours plus loin, chacune à sa manière : Pajarita et ses herbes, Eva et sa poésie, Salomé et son combat parmi les Tupamaros. « Des âmes fortes » dirait Jean Giono. Une phrase du livre les rend bien : « Hurlant ainsi, dressées sur la pointe des pieds, elles auraient pu allumer un incendie, tant elles généraient d’énergie.»

En filigrane, tout au long du roman, il y a aussi la question du lien que savent tisser les femmes entre elles, de génération en génération.

Une mention spéciale à la traductrice Daphné BERNARD.

 Citations et expressions magnifiques :

*La mémoire est la reine des tours de passe-passe : elle embellit ce qui brille déjà et laisse dans l’ombre les misères et les erreurs.

*Pietro, un savetier florentin, le genre d’homme à baratiner une statue et à la faire danser.

*Au moment où le soleil s’agenouillait dans la mer…

*Des mois de janvier si humides qu’on aurait pu nager dans l’air chaud.

*Regarder le ciel qui virait du noir au bleu marine, une robe en velours bordée du ruban rose de l’aurore.

*La lumière de la lune devint plus blanche, comme une cascade de lait.

*Le ciel avait la couleur des cheveux d’une vieille dame.

*Elle rageait de ne pas être éternelle, de ne pas avoir mille ans à passer avec son amant, de ne pas connaître le jour où elle aurait dépensé tous ses jours. Elle ne disposait que de quelques piécettes de temps qui se consumaient bien trop vite, polies par leur plaisir, étincelantes de leur jouissance. 

*C’est donc ça que le bonheur apporte à une femme, songea-t-elle : cela vous affame, vous donne envie de vivre et de vivre encore, vous force à garder ce grand secret, réveille la bête qui sommeille en vous et vous fait rugir pour briser en mille morceaux le paradis présent.

*Leurs histoires tissaient un manteau qui les couvrait, les réchauffait en leur apportant l’espoir de jours brillants.

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Anis 25/08/2012 11:24

Je suis aussi enthousiaste que toi. A la fin du roman, j'ai pleuré d'émotion.

La librivore 04/08/2010 20:55


Ton billet est passionnant; la question de la transmission entre ces générations de femmes m'intéresse beaucoup. J'avais apprécié cela dans "Coeur cousu" de Carole Martinez.


LES PASSIONS DE LAURA 05/08/2010 00:32



oui c'est vrai j'ai aimé ce roman moi aussi.



Richard 04/08/2010 18:48


Excellente chronique, Laura !
Ce livre rejoindra donc ma prochaine liste d'achats.
J'aime bien ton choix de citations, images réelles et parlantes du style de l'auteur !
Merci !


LES PASSIONS DE LAURA 05/08/2010 00:31



Tu es vraiment gentil  et j'espère que tu aimeras ce roman autant que moi.